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23, 24 et 25 novembre 2006, Marseille
Rencontres Internationales pour le Droit d’accès à l’EauConclusions et propositions des "Rencontres Internationales pour le Droit d’accès à l’Eau" organisées par France Libertés et la Région PACA
Les « Rencontres internationales pour le droit d’accès à l’eau » qui se sont tenues à Marseille du 23 au 25 novembre ont rencontré un large succès avec plus de 300 participants (élus, ongs..) représentant une vingtaine de pays. Vous pouvez lire la revue de presse des rencontres internationales en cliquant sur ce lien. http://www.france-libertes.fr/publication.php3 ?id_rubrique=38 Ci-dessous, les conclusions et propositions énoncés dans le discours de clôture de Danielle Mitterrand. CONCLUSION ET PROPOSITIONS Nous venons de travailler avec profit je pense pendant ces trois jours des Rencontres Internationales pour le droit d’accès à l’eau. JE REMERCIE tout d’abord tous les participants, tous les acteurs de ces Rencontres Internationales, et qui sont venus du monde entier : De l’INDE URUGUAY BRESIL ROYAUME UNI CANADA ETATS_UNIS D’AMERIQUE COLOMBIE BOLIVIE ARGENTINE GHANA CAMEROUN SENEGAL MEXIQUE PORTUGUAL ESPAGNE ITALIE PAS_BAS ALLEMAGNE SUISSE BELGIQUE BENGLA DESH PHILIPPINES EL SALVADOR Merci AUSSI A tous les élus et opérateurs publics de l’eau de France, venus des villes de Grenoble, Neufchâteau, Chenove, Varages, des départements des Pyrénées Orientales, Var, Landes, Vaucluse, Merci d’avoir contribué à faire comprendre et à éclairer ce que signifie REELLEMENT, dans l’action politique quotidienne et concrète, faire exister dans les faits le droit d’accès à l’eau POUR TOUS, ce que signifie CONCRETEMENT assurer la gestion démocratique sociale participative, de ce bien public de l’humanité cette ressource indispensable à la vie, à notre vie, une gestion qui respecte aussi les droits de ceux qui viendront après nous sur cette terre. J’espère que l’ABSENCE de certains de nos élus français ne signifie pas un désintérêt pour le sujet, ou une frilosité à vouloir envisager, à la veille d’un changement possible de pouvoir, les mesures concrètes et politiques à prendre dans ce domaine. Nous avons rappelé ici au cours de ces trois journées par ceux qui en sont des acteurs directs combien l’accès à l’eau pour tous se heurte à des obstacles puissants. • L’idéologie économique qui prétend que la marchandisation et la privatisation résoudra les problèmes de la pauvreté dans le monde, ce QUE Joseph STIGLITZ appelle le fanatisme du marche (Intervention Riccardo Petrella) • Le manque de volonté politique et la facilité à se défaire des responsabilités de la gestion de la chose publique (RES PUBLICA) manque de volonté aussi bien française qu’européenne. (Intervention du Sénateur Paul Raoult) • La force de la corruption et des moyens financiers dont disposent certains secteurs marchands pour imposer leurs intérêts et leurs lois (Vincent Frystot, David Boys, Antonio Miranda) et cela jusqu’aux plus hauts sommets des organisations internationales comme les Nations Unies • Nous avons appris combien l’argent public dans les différents pays et dans les Banques internationales de développement comme la Banque Mondiale au lieu de servir à construire des services pour les plus pauvres, au lieu de travailler aux développements humains peut être utilisé surtout au profit des plus riches. Nous avons pris connaissance de l’existence de ces officines de « conseils », en fait de propagande et de lobbying, comme le PPIAF (L’agence de conseil pour les Infrastructures Public Privé) qui disposent de moyens énormes (donnés hélas par nos états) pour répandre indirectement le message de la marchandisation dans tous les pays du sud et aussi du Nord ; (Intervention du World Development Movement, Vicky Cann) • Nous avons appris aussi à quel point notre recherche scientifique nos laboratoires d’analyses pour la qualité de l’eau (Intervention de Jacques Perreux) était en passe de tomber aussi dans les mains de ceux dont le principal objectif n’est pas l’intérêt public mais l’intérêt de leurs actionnaires. Nous avons donc appris à quel point notre action ici, est difficile à quel point nous nous heurtons à des intérêts financiers gigantesque. Mais nous avons DONC appris AUSSI à quel point notre action était urgente, notre engagement nécessaire pour empêcher au final la privatisation de la décision politique. Et nous avons appris surtout, des citoyens de Varages, des élus de Grenoble, des mouvements sociaux de l’ Uruguay, du Ghana, de la Bolivie, des Universitaires mexicains, ou des juristes du Tamil Nadu, des responsables des régies publiques brésiliennes, des représentants des syndicats de travailleurs des services publics mondiaux comment il était POSSIBLE non seulement de RESISTER mais aussi de REUSSIR. Le Futur est entre nos mains ici et comme le disait notre ami indien Suresh, conseiller du Procureur du Tamil Nadu, notre futur c’est maintenant, notre action c’est aujourd’hui. Beaucoup ont montré ici par leur action qu’ils étaient ce que nous avons appelé, pour nous rassembler autour d’un symbole, des « PORTEURS D’EAU » C’est pourquoi après vous avoir remercié d’avoir accepté l’invitation de France Libertés, après avoir remercié la Région PACA et son Président Michel Vauzelle de nous avoir accueilli ici, dans ce lieu PUBLIC et nous l’avions voulu ainsi, J’inscris ici en CONCLUSION les propositions concrètes de France Libertés qui s’ajoutent et confortent les propositions de tous les porteurs d’eau qui se sont révélés ici. TOUT d’abord les trois préalables absolus à toutes nos propositions qui nous unissent pour discuter sans ambiguité et porter le message de l’eau. 1. L’eau n’est pas une marchandise 2. Elle doit être gérée collectivement par les institutions publiques pour le bien de tous et pour aucune autre fin 3. Le droit à l’accès à l’eau pour tout être humain doit être inscrit dans une législation contraignante et opposable, dans les constitutions des états comme dans les traités internationaux. Je rappelle ici nos propositions générales et anciennes de la Fondation qui sont maintenues dans notre charte des Porteurs d’eau : • Le service gratuit de 40 litres (20 dit le PNUD, 50 disent d’autres peu importe disons la quantité nécessaire à la survie) de 40 litres d’eau par jour et par personne • Le changement de destination de jusqu’à 1% du budget militaire de chaque pays vers le financement des infrastructures nécessaires pour apporter l’eau à ceux qui en sont privés. Plus particulièrement voici notre agenda, comme disent les Anglos saxons ou les propositions concrètes d’actions à mener pour les mois qui suivent et qui se joignent à celles de nos amis européens, américains, africains, indiens : Au niveau national et local : • nous demanderons aux candidats à l’élection présidentielle et aux élections municipales de l’année prochaine d’organiser concrètement la reprise en main par les élus, garants de l’intérêt général, du service public de l’eau et l’inclusion dans les instances de gestion de l’eau, comme cela se fait déjà dans certaines municipalités ou région à Grenoble ou à Varages ou ailleurs, des représentants des citoyens usagers. • Nous participons à la création à venir d’une association des communes et collectivités en gestion directe de l’eau qui puisse aider les citoyens élus à s’unir pour promouvoir une gestion publique équitable efficiente et respectueuse des écosystèmes. Et l’édition d’un guide du citoyen élu pour l’aider concrètement à revenir à la gestion publique de l’eau. Au niveau européen Nous nous engageons à soutenir l’action en faveur de l’inscription dans la charte européenne des droits économiques et sociaux d’un droit opposable à l’alimentation et donc à l’eau potable. Nous demandons aux députés européens français de soutenir cette inscription et de refuser par tous les moyens que leur donne leur mandat la privatisation des services de base. Nous demandons à l’Europe de favoriser dans sa politiques d’aide publique au développement le développement humain et donc de conditionner ses aides à la réalisation d’un service public pour tous sans distinction. Au niveau mondial PARCE QUE la gestion de nos ressources en eau doit être impérativement envisagée à un niveau mondial face à l’effroyable gaspillage de richesses humaines entrainées par le manque d’eau potable, et face aux conflits stratégiques qui s’aggravent pour la maitrise des eaux dans le monde, nous avons demandé un rendez-vous au nouveau SECRETAIRE GENERAL de l’ONU pour qu’il nous entende et organise une véritable gouvernance mondiale de l’eau à travers des organismes où soient représentés les garants de l’intérêt général et non les représentants d’intérêts particuliers. Nous soutenons la proposition de nos amis suisses de l’ACME pour investir le CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME A GENEVE et garantir que le droit à l’eau pour tous soit considéré en son sein. Nous demandons aux INSTITUTIONS FINANCIERES INTERNATIONALES, à travers nos représentants nationaux dans ces Institutions, et parce que ces Banques distribuent l’argent public, que la majorité des aides aux financements distribuées soient consacrés à des financements de service public et des PUP (et non des PPP) c’est-à-dire des partenariats Public Public. ENFIN Comme nous savons que nous aurons peut-être longtemps à attendre, nous qui sommes des REALISTES , et non des idéologues comme les fanatiques du marché, ... en attendant...nous organisons avec toutes les ONG présentes ici une solidarité internationale concrète autour de nos frères sud américains en Décembre en BOLIVIE pour la reconquête de leur droit inaliénable à l’eau potable publique, avec l’aide active des collectivités locales françaises qui s’y sont engagés. Rappelons-nous que c’est maintenant que nous devons agir et que comme le disait devant le conseil des droits de l’homme des Nations Unies le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation notre ami Jean Ziegler « Tout homme qui meurt de faim ou du manque d’eau meurt assassiné » Merci et à bientôt |