France Libertés s’engage contre la biopiraterie dans un collectif

« Pirates des Temps Modernes », « Les Pirates de la biosphère » ou encore « Les pirates du Vivant » sont autant de termes utilisés pour dénoncer la biopiraterie... Quelles réalités se cachent derrière ces expressions ?

La biopiraterie est une pratique qui pose un certain nombre de grandes questions juridiques, environnementales, éthiques et morales. Enjeu majeur mais encore trop largement ignoré, il est essentiel de bien comprendre ce qu’est la biopiraterie pour mieux la combattre et proposer des alternatives viables et acceptables par tous.

La biopiraterie, c’est avant tout la privatisation de la biodiversité et des savoirs traditionnels par les droits de propriété intellectuelle

« La biodiversité est l’une des plus grandes richesses de la planète, et pourtant la moins reconnue comme telle » . Dans les zones de grande diversité biologiques, ces richesses ont souvent été développées et préservées par les connaissances des peuples autochtones sur la faune et la flore. Or ces ressources sont aujourd’hui la source de toutes les convoitises des industries de la santé, de l’alimentation et du bien-être des économies développées.

Mais les règles qui encadrent l’exploitation de la biodiversité restent aujourd’hui peu définies... Certaines entreprises profitent de ce vide juridique pour s’approprier les connaissances des peuples autochtones sur la biodiversité, en utilisant les droits de propriété intellectuelle pour contrôler et verrouiller l’accès aux ressources naturelles. Protégés par des brevets, ces acteurs privés nient l’antériorité des usages et des savoirs traditionnels, et s’assurent la totalité des bénéfices liés à la valorisation de ces ressources biologiques.

Lutter contre la biopiraterie, une nécessité face à la multiplication des cas

Ces pratiques de biopiraterie sont à relier aux grands enjeux auxquels la mondialisation nous confronte aujourd’hui :
-   Disparition d’une grande partie de la biodiversité ;
-   Disparition des cultures populaires et savoirs traditionnels ;
-   Privatisation des biens communs au profit d’intérêts privés...

Le problème de la biopiraterie est aujourd’hui incarné par un certain nombre de cas emblématiques, comme celui du margousier indien ou « neem ». Cet arbre, dont les indiens connaissaient depuis des centaines d’années les multiples usages en tant qu’insectifuge dans l’agriculture, que médicament ou encore comme produit cosmétique, a été breveté par plusieurs entreprises, justement pour ces qualités, et malgré l’antériorité des connaissances. La mobilisation de la société civile indienne pour contester ces brevets, avec Vandana Shiva pour tête de file, a fait de ce cas un exemple réussi de lutte contre le brevetage des savoirs traditionnels.

En France, bien que les industries de la santé et du bien être soient très développées, le sujet est encore peu connu. Pourtant, des cas de biopiraterie apparaissent : le Sacha Inchi, une amende extrêmement riche en omégas 3 et 9, connue et utilisée par les populations amérindiennes pour ses propriétés cosmétiques depuis des centaines d’années, a été breveté par une entreprise française. Contester et faire annuler un brevet est possible, mais la procédure peut s’avérer extrêmement longue et couteuse. D’autres recours sont possibles.

Le pillage de ces richesses ne peut continuer en toute impunité !

Face à l’augmentation des pratiques biopirates par des entreprises française, et afin de lutter contre ces agissements... Pour relayer le droit des peuples indigènes à préserver leurs savoirs et leurs ressources naturelles... Pour mobiliser la société civile en France sur un enjeu global...

Un collectif français contre la biopiraterie s’est créé en 2007 Plus d’information sur le site du collectif : www.biopiraterie.org




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